Le torticolis musculaire congénital (TMC) du nouveau-né consiste à  à la position de la tête inclinée du côté d’une épaule avec une rotation du côté de l’épaule opposée. Le TMC se développe dans les premiers jours ou semaines de vie du bébé. Le TMC est causé par la contraction d’un muscle du cou, le sterno-cléido-occipito-mastoïdien (SCOM). La tête du bébé est inclinée du côté du muscle tendu. On observe dans certains cas la présence d’une petite masse fibreuse (de la taille d’une olive) sur le muscle en tension. Cette masse peu disparaître d’elle-même entre le 6e et 12e mois de vie de bébé. Le torticolis TMC peut régresser de lui-même dans 75% des cas avant l’âge de 8 mois.

Il est important de retenir que 25% des bébés qui ont un TMC auront besoin de soins le plus tôt afin des réduire les risques d’anomalies causées par les tensions reliées aux torticolis. Les intervenants de santé constatent que 30% à 40% des nouveaux-nés ont un torticolis qui peut engendrer des déformations de la tête s’ils ne sont pas traités dans les premières semaines de vie.

 

Causes reliées au TMC

De nombreuses théories sont élaborées pour expliquer les causes du torticolis du nouveau-né. La cause la plus souvent citée par les pédiatres et les spécialistes est liée à la position du fœtus dans le ventre de la mère qui occasionne des tensions sur le cou et la tête du bébé. Les manipulations faites sur la tête et le cou de l’enfant lors de l’accouchement et l’utilisation de forceps et de ventouses peuvent également être associées au TMC.

 

Évaluation du torticolis

Le torticolis peut être plus ou moins prononcé et le degré de sévérité est classé selon 3 mesures d’évaluation de la tête :

  1. La position de la tête (attitude d’inclinaison)
  2. l’amplitude du mouvement de rotation de la tête
  3. l’amplitude du mouvement d’inclinaison de la tête vers l’épaule
Attitude d’inclinaison

Cette mesure d’évaluation lorsque le bébé est allongé sur le dos est pratiquée en mesurant le degré d’inclinaison de la tête vers l’épaule. La position est évaluée selon les degrés d’inclinaison :

  • 0 à 15 degrés : attitude d’inclinaison légère
  • 15 à 30 degrés : attitude d’inclinaison moyenne
  • 30 à 45 degrés : attitude d’inclinaison sévère
Amplitude de rotation

L’amplitude du mouvement de rotation normale de la tête du centre vers la droite (ou vers la gauche) est de 90 degrés. On mesure la sévérité de limitation de cette amplitude de mouvement selon les degrés de restriction :

  • 0 à 30 degrés de restriction : raideur légère
  • 30 à 60 degrés de restriction : raideur moyenne
  • 60 à 90 degrés de restriction : raideur sévère
Amplitude d’inclinaison

L’amplitude du mouvement d’inclinaison normale de la tête à partir du centre vers l’épaule droite (ou la gauche) et de 45 degrés. On mesure la sévérité de limitation de cette amplitude de mouvement selon les degrés de restriction :

  • 0 à 15 degrés : raideur légère
  • 15 à 30 degrés : raideur moyenne
  • 30 à 45 degrés : raideur sévère

 

Évaluation globale

On observe dans plusieurs cas que le torticolis peut occasionner d’autres anomalies (asymétries musculo-squelettiques) qui affectent l’ensemble du corps du bébé, en particulier le bassin et la colonne vertébrale.

Lorsque le corps du nouveau-né est soumis à des tensions situées au cou, à la tête et à l’épaule, on remarque que le bassin a tendance à se rapprocher du côté où la tête est inclinée pour soulager la tension musculaire du cou causé par le torticolis. Pas exemple, un bébé qui présente un torticolis avec la tête inclinée vers l’épaule droite, on observe que le bassin se rapproche de cette épaule comme si tout le corps du bébé forme un demi-cercle. Cette dynamique d’adaptation s’explique par les liens structurels des composantes musculaires et ligamentaires qui relient l’ensemble des parties du corps entre elles.

L’ostéopathe utilise la connaissance de l’anatomie et la compréhension de cette dynamique d’adaptation afin d’évaluer les tensions locales (le cou, la tête, l’épaule) et celles à distance (le bassin et le reste du corps) pour traiter les restrictions causées par le torticolis.

 

Examen clinique et traitement

Il est important de faire participer les parents à l’examen clinique des mouvements de la tête et de l’observation de la position des différentes parties du corps du nouveau-né. Cette procédure permet aux parents dans un premier temps de mesurer les degrés des limitations causées par le torticolis et par la suite leur offre l’opportunité de pouvoir observer l’amélioration de la condition de leur bébé suite aux traitements en ostéopathie.

L’ostéopathe utilise des manipulations précises et légères sur les différentes parties du corps du bébé avec l’objectif d’éliminer graduellement les tensions localisées dans les structures musculaires et ligamentaires altérées par la présence du torticolis. La tension utilisée par les mains de l’ostéopathe lors des manipulations est égale ou inférieure à la tension présente dans la structure à traiter.

En ostéopathie, aucun ajustement articulaire avec force n’est pratiqué sur les vertèbres du cou ou toute autres parties du corps du nouveau-né.

 

Exercices et conseils de positionnement

Des exercices d’étirements musculaires doivent être enseignés aux parents. Cette dynamique vise à faire participer les parents par des positionnements simples et efficaces à la normalisation progressive et plus rapide du torticolis de leur bébé.

 

Références

Turgeon J. et al, Dictionnaire thérapeutique pédiatrique Weber, 2e édition, Gaëtan Morin, 2008

Mark H.B et al, Manuel Merck de diagnostic thérapeutique, Merck Research Laboratories, 2006

Tatli B. et al, Congenital muscular torticolis : evaluation and classification, Pediatr.Neurol, 2006

Sergueef N., Ostéopathie pédiatrique, Elsevier, 2007

Chen J.C. et al, Clinical determinant of the outcome of manual streching in the treatment of congenital muscular torticolis in infants, Study of 821 cases, J. Bonejoint Surg Am, 2001